Estivales 2022 – Urgence décroissance

Début : 09/09/2022

Fin : 11/09/2022

PermaMontreuil

La Prairie des Murs à Pêches.

61, rue Pierre de Montreuil.

93100 – Montreuil

Affiche Estivales 2022

Urgence décroissance

Invité d’honneur : Luc Abbadie

Projections

La gnak de Chloé Mazoyer, 2022, coul, son, 80 min
The mushroom speaks de Marion Neumann, 2020, coul, son, 90 min


Conférences

Biodiversité : de quoi parlons-nous ? où en sommes-nous ?
Luc Abbadie
(Chercheur – Biodiversité, éco-systèmes et écologie Urbaine)

Collapsologie et décroissance
Anne Rumin (Chercheuse – Collapsologie et transition)

Permaculture, sécheresse, agroécologie et bio région
Charles Peyrouty (Formateur, Ecologue – botanique, ingénierie agricole)

Des designs biorégionaux pour une permaculture territoriale
Agnes Sinai (Journaliste, essayiste, directrice de l’Institut Momentum– Anthropocène, collapsologie et décroissance)

L’écologie et la figuration du pire : une perpétuelle urgence
Alice Canabate (Sociologue – Ecologie, politique, mobilisations sociales)

Décroissance et liberté
Pierre Thiesset (Journaliste à La Décroissance)

Débats

Sous les pavés, des fleurs. Ville fertile & agriculture urbaine
Avec Emmanuel Barbier (Le sens de l’humus), Sébastien Goelzer (Vergers urbains), Julia Turpin (architecte de la Ferme du Rail), Léonard Nguyen Van Thé (Guérilla jardinière).

Sous les bouquins, les idées
Forum des revues et des maisons d’éditions militantes.
Avec les revues Garden Lab, Fruits oubliées & Topophile, le journal de la Décroissance, les éditions Libertalia & Fabrique du Jardin.

Halte au béton !
Forum des luttes franciliennes contre l’artificialisation des terres et les grands projets inutiles et imposés Avec des représentants des collectifs en lutte à Aubervilliers (JAD), Gonesse (CPTG), Saclay (CCL18), Sauvons l’îlot Pêche d’or – Bergerie à Bagnolet, la Confédération Paysanne et Extinction Rebellion.

Pour un autre BTP (Bois – Terre – Paille) ! Faut-il encore construire ?
Avec Frédérique Jonnard (maçonne, Collect’IF terre crue), Camille Muret (designer, Atelier R-are), Jesse O’Scanlan (charpentier, Réseau pour des alternatives forestières) Marion Perret-Blois (urbaniste-écologue, Frugalité heureuse et créative), Benoit Rougelot (architecte, Réseau français de la construction paille & collect’IF paille).


Concerts

Sagitarius A – Rock gouialleur
GuErnika – chanson irrévérencieuse
Célestin – chanson virevoltante
Révilobande – rock manouche et durable
Fanfare Texas Couscous
Jérémy Nattagh et Adèle B – Funk ancestral
Danta Feyss – groove qui vous bouge
Tom B. Lachemiz – Dj set


Détails des conférences

Biodiversité : de quoi parlons-nous ? où en sommes-nous ?

Luc Abbadie (Chercheur – Biodiversité, éco-systèmes et écologie Urbaine)

La biodiversité est bien plus qu’une addition d’espèces : c’est un réseau d’interdépendances en perpétuel changement, dans lequel l’humanité est insérée, influencé par le climat tout en le régulant à travers le cycle du carbone et celui de l’eau. La biodiversité est en crise : les chiffres sont alarmants, les causes de cette régression généralisée du vivant sont connues, les solutions pour y remédier également. L’adaptation au changement climatique, notamment en milieu urbain, comme le renouveau de l’agriculture et de la foresterie passent par le respect et la préservation de la biodiversité.

Luc Abbadie est professeur et chercheur à la Sorbonne. Ses travaux portent sur les interactions entre biodiversité, cycles biogéochimiques et fonctionnement des écosystèmes, sur l’ingénierie écologique et l’écologie urbaine. Luc Abbadie est également vice-président du Conseil scientifique de l’Office français de la biodiversité (OFB) ; Président du Conseil scientifique du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) ; Membre du Conseil scientifique de la Fondation de l’écologie politique ; Membre du Conseil scientifique de l’Institut écologie et environnement (CNRS-INEE) ; Président de Nature & Société


Collapsologie et décroissance

Anne Rumin (Chercheuse – Collapsologie et transition)

Entre 2015 et 2022, la collapsologie, qui se veut une « science de l’effondrement », connaît une histoire houleuse : après avoir rencontré un certain succès médiatique, elle fait progressivement l’objet d’une entreprise de disqualification académique et militante – on lui reproche notamment son caractère dépolitisant. Quoiqu’il en soit, la collapsologie, sans avoir inventé le motif de l’effondrement, a très largement participé à la diffusion de la notion : elle contribue alors à une « démarginalisation de la perspective catastrophiste » (Semal, 2019) qui alimente en partie les mouvements écologistes, dont ceux de la décroissance. Nous reviendrons ainsi sur le développement de la collapsologie et son articulation avec la pensée de la décroissance, et nous tâcherons de comprendre en quoi les débats entraînés par la perspective d’un effondrement peuvent être compris comme l’expression d’une compétition identitaire traversant l’écologie politique depuis les années 1970. 

Anne Rumin est doctorante en théorie politique (Sciences Po, Cevipof) et consultante pour Auxilia Conseil. Ses travaux de thèse, dirigés par Gil Delannoi, portent sur la notion d’effondrement, fortement médiatisée par la collapsologie, et ses effets sur les imaginations et pratiques politiques (recherche en cours). Elle est également membre du conseil d’administration de l’Institut Momentum.


Permaculture, sécheresse, agroécologie et bio région

Charles Peyrouty (Formateur, Ecologue – botanique, ingénierie agricole)

En ces temps de bouleversement écologiques et climatiques, quels sont les outils collectifs et individuels dont nous disposons? Etat de la recherche et des expérimentations sur les territoires et entreprenariat agricole.

Diplômé d’un BTS Agricole en Gestion et Protection de la Nature, Charles poursuit ses études en obtenant un diplôme d’ingénieur juriste en environnement puis complète sa formation universitaire par un D.U. en ethnobotanique appliquée. Après un passage à l’ONF, à la Mission Environnement & Société de l’INRA et à la DDAF, il a souhaité approfondir certaines pratiques fondamentales. Il s’est alors forgé une expérience de terrain et a multiplié les pratiques professionnelles dans de nombreux coins de France (ouvrier-paysagiste, horticulteur, maçon, etc.) avant de transmettre ses connaissances en devenant formateur. Il est intervenu au sein de différentes structures telles que CNFPT, CFPPA, Ecole d’ingénieur, SIVOA, etc. puis il a créé un bureau d’études environnementales (PLT environnement) qu’il dirigea durant presque 10 ans. Il est fondateur et directeur de l’association La SEVE depuis 2015


Des designs biorégionaux pour une permaculture territoriale

Agnes Sinai (Journaliste, essayiste, directrice de l’Institut Momentum– Anthropocène, collapsologie et décroissance)

La permaculture désigne un ensemble de stratégies de relocalisation de la puissance. Elle prend acte des limites de la croissance et de la nécessité de la résilience des lieux de vie en période de réchauffement climatique et de descente énergétique. A l’échelle d’une région, les bassins naturels peuvent déterminer un nouveau rapport au territoire. La notion de biorégion permet d’appréhender en quoi les installations humaines devraient être appelées à co-évoluer avec les paysages et les ressources afin de contrecarrer la dissolution des territoires soumis à la métropolisation globale. Si nous assumons que la descente énergétique est inévitable, que nous allons vers l’effondrement, que nous sommes confrontés à une dégradation catabolique des territoires, la « tempérance permaculturelle » peut-elle nous servir à envisager cette transition à l’échelle des biorégions ?

Après avoir été membre de la rédaction de la revue décroissante Entropia, Agnès Sinaï a dirigé les publications de l’Institut Momentum, soit les trois tomes des Politiques de l’Anthropocène publiés par les Presses de Sciences Po où elle co-enseigne ces thématiques depuis 2010. Auteure de divers ouvrages, dont Walter Benjamin face à la tempête du progrès (Le Passager clandestin, 2021). Docteure en aménagement et urbanisme. Co-auteure de Biorégion 2050. L’Ile-de-France après l’effondrement, paru aux éditions Wildproject (2021).


L’écologie et la figuration du pire : une perpétuelle urgence

Alice Canabate (Sociologue – Ecologie, politique, mobilisations sociales)

Alice Canabate est sociologue, Docteure de l’Université Paris Descartes, chercheure au Laboratoire de Changement social et politique de l’Université de Paris. Elle enseigne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, à l’Université de Paris, et à l’institut Catholique de Paris. Spécialiste des pratiques et imaginaires de l’après-croissance, elle a produit en 2014 un rapport sur La cohésion sociale en temps de récession prolongée : initiatives alternatives et formes des résistances – Espagne, Grèce, Portugal, pour le Groupe EELV-ALE au Parlement Européen ; et également d’un rapport sur Les récits de l’effondrement, pour le dispositif Explor’ables du Commissariat Général au Développement Durable (MTES) en 2020. Elle a été codirectrice de la Revue Entropia, revue d’études théorique et politique de la décroissance de 2012 à 2015. Elle a été vice-présidente de la Fondation d’Écologie politique de 2017 à 2021, et en est depuis Présidente ; elle est également au conseil d’administration de l’Institut Momentum. Elle est enfin l’auteure d’un ouvrage paru en 2021 aux éditions Utopia, intitulé L’écologie et la narration du pire.


Décroissance et liberté

Pierre Thiesset (Journaliste à La Décroissance)

Face à la destruction écologique en cours, il apparait de plus en plus clairement qu’une remise en cause profonde de notre civilisation et de nos modes de vie est indispensable. Mais à l’heure où les limites à la croissance se font sentir et où notre surconsommation énergétique devient intenable, une sobriété forcée est en train de se mettre en place. Devant le risque d’une gestion technocratique des contraintes environnementales, en quoi la décroissance passe-t-elle par la défense de la liberté ?

Pierre Thiesset est journaliste à La Décroissance et dirige la collection Le Pas de côté aux éditions L’échappée. Il a coordonné l’ouvrage collectif « Le Progrès m’a tuer », et a codirigé « Aux origines de la décroissance — cinquante penseurs », et « Vivre la simplicité volontaire. Histoire et témoignages ». Il a traduit le livre d’Edward Carpenter « Vers une vie simple ».